Nous avons 109 invités et aucun membre en ligne

Mercredi - Sem. 4 2 3 Jan. Banard OGibbeuse décroissante
La grande chose de la démocratie, c’est la solidarité. La solidarité est au delà de la fraternité ; la fraternité n’est qu’une idée humaine, la solidarité est une idée universelle ; universelle, c’est-à-dire divine ; et c’est là, c’est à ce point culminant que le glorieux instinct démocratique est allé. Il a dépassé la fraternité pour arriver à l’adhérence. Adhérence avec quoi ? avec Pan ; avec Tout. Car le propre de la solidarité, c’est de ne point admettre d’exclusion. Si la solidarité est vraie, elle est nécessairement générale. Toute vérité est une lueur de l’absolu. Victor Hugo

Article à lire

Une inaccessible lumière....

31-10-2017 Hits:304 Jean BERTOLINO Super Utilisateur - avatar Super Utilisateur

inventeurs de déités, tous les prophètes ou illuminés qui ont prétendu la posséder ont souvent engendré des idéologies ou des dogmes mortifères, sources d'intolérance, de barbarie et de stagnation intellectuelle...

Read more

Je ne suis pas Charlie

02-02-2015 Hits:355 Jean BERTOLINO Jean Bertolino - avatar Jean Bertolino

Dans l’ambiance exaltante d’unité nationale qui prédomine actuellement, me faut-il oser jouer les trouble-fêtes ? Charlie Hebdo, lui, ne se serait pas gêné, alors j’ose. Hier, je n’étais pas dans...

Read more

Palestine

17-08-2015 Hits:459 Jean BERTOLINO Jean Bertolino - avatar Jean Bertolino

6 à 8 millions de palestiniens chassés de leurs terres au cours de 4 guerres meurtrières ce n'est pas rien. L'amalgame entre anti-sionistes et antisémites permet de faire passer...

Read more

Lettre ouverte à un soldat d’Allah

29-03-2016 Hits:395 Information Aouragh Aziz - avatar Aouragh Aziz

Prépare ta valise. Achète un billet. Change de pays. Cesse d’être schizophrène. Tu ne le regretteras pas. Ici, tu n’es pas en paix avec ton âme. Tu te racles tout...

Read more

Aujourd’hui allons au Pakistan

19-11-2018 Hits:88 Jean BERTOLINO Aouragh Aziz - avatar Aouragh Aziz

Asia Bibi Maudite religion que celle qui refuse A une jeune femme l’accès d’une fontaine Prétendue sacrée par des croyances obtuses Et que l’on interdit à l'immonde chrétienne. Maudite religion qui pousse deux musulmanes...

Read more
FaceBookTwitterGoogle+Instagram

bienvenue sur le site des midelti(e)s. le site est fait pour celles et ceux, de prêt ou de loin ont un lien, une attache, une histoire ou un souvenir avec la ville de midelt ( ville marocaine ) situé dans le moyen atlas à 1500 mètre d’altitude pas loin de jbil alayachi qui culmine à 3750 m. vous aimeriez partager vous souvenirs ( photos, anecdote, une aventure …etc. ) avec d’autre personnes n'hésitez pas à partager vos lectures, vos écritures etc sur midelt.fr. Ce dernier vous ai dédié afin que vous puissiez vous exprimer mais pas seulement : vous pouvez également donner votre avis, nous proposer de nouvelles idées. la notion de lecteur participatif prend ici toute sa richesse, vous donnez naissance à un véritable lieu d’information, d’échange et de prise de parole. bonnes lectures

 

Hommage à Rachid Taha - Hassina Mechaï : "Il revient à ma mémoire"

 « Il revient à ma mémoire » un souvenir. Celui de ce garçon qui est apparu, chemise blanche, cheveux noirs, silhouette fine comme dessinée à l'encre, pour chanter « Douce France ». Il ressemblait à la fois à Joe Strummer, le mythique chanteur des Clash, et à Al Pacino, celui d'Un après-midi de chien. Ce garçon était fils d'immigré algérien et ce qu'il chantait n'était pas « Rock the Casbah » (cela, ce sera plus tard), ni du chaâbi, ni de l'arabo-andalou, ni de la chanson kabyle, du chaoui ou du raï. Ce garçon si « ostensiblement » maghrébin, au visage affuté et à la boucle d'oreille apparente, chantait la « Douce France ». Faut-il écrire « dulce France » tant Rachid Taha avait su redire ces mots d'antan, comme les avait peut-être dits le chevalier de Roncevaux dans La Chanson de Roland : en semblant tout à la fois expirer et renaître.

 

 

« Il revient à ma mémoire » que cet homme issu de l'immigration algérienne chantait le « cher pays de [son] enfance ». Il chantait, ce garçon qui a grandi entre l'Alsace, les Vosges et Lyon, « [son] village au clocher aux maisons sages ». Il célébrait celui qui fut déraciné de son Oranie natale à l'âge de 9 ans pour la grande route de l'exil, la « tendre insouciance » de l'enfance. Il disait « oui je t'aime », malgré tout et malgré tous, à un pays où l'immigration, après avoir longtemps été une solution au manque de main-d'œuvre, de bras pour reconstruire la Douce France, devenait soudain un problème.

« Il revient à ma mémoire » que cette reprise d'un fleuron de la chanson française avait fait l'effet d'une révélation lumineuse pour certains, d'une apocalypse scandaleuse pour d'autres. Et il le faisait au sein d'un groupe baptisé « Carte de séjour », formidable pirouette et pied de nez à cette fameuse « carte » qui suspendait tous les 10 ans la vie de son détenteur à une autorisation administrative de séjour. Il le faisait dans un clip d'anthologie, couleurs sépia, dans lequel il apparaissait, image d'Épinal, en casquette de gavroche, bretelles et chemise blanche. Il y jouait à la pétanque, il y séduisait la belle du village, il buvait un verre avec le curé du village. Il était là où il devait être. Rachid Taha avait eu, dans le même geste, cette grâce pour certains et cet affront suprême pour d'autres, de dire que ces enfants issus de l'immigration étaient légitimes. Au sens premier, justifiés. Il avait fait entendre une voix, la sienne, gutturale, précise, mélodieuse, et il avait ouvert une voie.

« Il revient à ma mémoire » que Rachid Taha avait montré que l'art est rhizome, l'art est fusion. Que tout était possible. Qu'il n'existait pas d'art sans influences et mélanges. Sans extérieur et sans Autre. Qu'il emprunte au répertoire punk, électro, raï, chaâbi, Maalouf. Qu'il reprenne le somptueux Ya rayah (Ô Emigrant) de Dahman El Harrachi et fasse danser le monde sur des paroles qui parlaient de l'exil. Qu'il s'associe un temps sur scène avec Khaled et Faudel pour des reprises mémorables de raï, le joyeux « Abdel Kader », le lyrique « Wahran », le sarcastique « Voilà, Voilà ». Qu'il s'amuse même à reprendre The King himself, avec « It's now or never ». Elvis Presley dont il était fan et qu'il s'amusait parfois à imiter, sur scène, déhanchés souples et syncopés.

« Il revient à ma mémoire » que Rachid Taha aimait la langue arabe. Qu'il savait la manier, la faire rouler sous la langue, la dire amoureusement. Il avait même enregistré un petit bijou avec son grand ami et comparse Rodolphe Burger, avec qui il avait formé le groupe Couscous Clan. « L'arabécédaire », petit bijou de chanson. Sur le modèle de l'Abécédaire du philosophe Gilles Deleuze, Rachid Taha vocalisait avec superbe les lettres de l'alphabet arabe.

 

Rachid Taha disait de lui qu'il était un peu « receleur », à jouer ainsi de tant d'influences. Le receleur vit du vol. Rachid Taha empruntait puis restituait ses emprunts qui avaient gagné alors, entre ses mains, une valeur supérieure. Le receleur privilégie l'or. Rachid Taha savait voir, dans d'apparentes breloques et verroteries artistiques, la valeur absolue. C'est lui qui sut remettre au goût du jour les scopitones désuets de son enfance, notamment à travers le beau « Écoute-moi camarade ». Rachid Taha était transversal, oblique, c'est cela qui faisait que sa musique avait pu être appréciée par Brian Eno, Santana (qui a repris « Kelma »), Robert Plant, autres « receleurs » de génie. Sex Pistols et Oum Kheltoum, raï et punk, chaâbi et électro, rythmes gnawa, oui, des souvenirs par milliers.

« Il revient à ma mémoire » que Rachid Taha semblait toujours avoir deux faces artistiques : l'une lumineuse, simple, abordable, optimiste. L'autre plus sombre, plus compliquée, mélancolique, surtout. S'il participe à lancerla Marche pour l'égalité et contre le racisme de 1983, il avertira aussi que « voilà, voilà, qu'ça recommence. Partout, partout, ils avancent. La leçon n'a pas suffi. Faut dire qu'à la mémoire on a choisi l'oubli ». En 1998, il connaît la liesse du raï avec 1, 2, 3 soleils, le collectif qui le réunit sur scène avec Khaled et Faudel. Mais cette même année, il sortira le si bel album solo Diwân, hommage appuyé aux grands maîtres du chaâbi. Ce mot arabe Diwân, à la fois « assemblée » et « recueil de poèmes », aurait donné les mots français de « divan » et de « douane ». Le savait-il en choisissant ce nom pour un album hommage à la musique maghrébine en France, celle des bleus de travail, des usines, puis des soirées mélancoliques à chanter l'exil, l'immigration, l'espoir.

La jeune génération ne s'y était pas trompée. De Gaëtan Roussel qui lui propose le beau « Bonjour » au chanteur des Têtes Raides, Christian Olivier, avec lequel il chantera « Tekitoi » ? chanson tirée de l'album éponyme, ces musiciens pointus voulaient travailler avec le maître de l'hybride, de la fusion, du mélange. Il ne tissait pas des liens entre Orient et Occident, comme cela est souvent dit. Il était au-delà. Excentré.

On dit que les artistes ne meurent pas vraiment. Rachid Taha venait de terminer un nouvel album qui devait sortir début 2019 sur le label Believe.
Il revient à ma mémoire

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir

Connexion

280070
Aujourd'hui
Hier
Ce Mois
All days
109
158
4712
280070

Votre IP: 34.203.213.116
23-01-2019

 Le respect de votre vie privée est notre priorité

Sur midelt.fr, nous utilisons des cookies et des données non sensibles pour gérer notre site.
A quoi nous servent ces cookies ?
Ils nous permettent de mesurer notre audience, de vous proposer des contenus éditoriaux et services plus adaptés et vous permettent de partager nos articles sur vos réseaux sociaux comme Facebook.
Cliquez sur le bouton pour valider votre consentement sachant que vous pouvez modifier vos préférences à tout moment sur notre site.