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Al Ayachi renaît de ses cendres

par BEHRI ABDELAAZIZ

Tel le phénix mythique, l’association Al Ayachi, cet enfant incestueux fait à une mère génitrice et nourricière, notre chère Midelt, par ses propres fils,

vient de renaître de ses cendres, après une longue hibernation de plus de deux décennies. Créée en 1992, cette coterie, dirigée par un aigle royal à la crinière blanche, n’a fait, paraît-il, que permettre à certains de ses membres de servir et de se servir, au grand dam de la population qui en attendait monts et merveilles. En fait, le bureau se composait de deux catégories : l’aréopage ; onze pontes résidant de manière définitive à Rabat et à Casa, présentés par l’animateur, un grand marionnettiste celui-là, comme étant des amis du lion (celui des fables de La Fontaine certainement!). Les autres, pantins et bougres obnubilés, empressés à jouer le jeu, persuadés que cette association avait l’envergure de ses sœurs : Bouregreg, Anjad et autres Tafilalet, que Basri, le puissant ministre, avait rendue puissantes. Il semble même que ce dernier avait demandé aux représentants de l’association d’écrire une monographie pour identifier les besoins les plus urgents de cette zone abandonnée. Ce club a eu des opposants aussi, et non des moindres, mais elle n’a pas tardé à les rallier, sauf bibi. Cependant, après tous ces lustres, la question qui se pose est de savoir si elle a apporté la lune promise.

A vrai dire, je suis incapable de vous dire ce qu’elle aurait fait en catimini, et c’est d’autant plus probable que l’animateur était celui-là même qui avait drainé des capitaux saoudiens pour la construction de la grande mosquée du quartier de la haute couture et qui se chiffrent à plusieurs centaines de millions ! Mais son bilan reste, tout comme la partie visible de l’iceberg, insignifiant. En effet, elle a, à son actif, deux actions notoires dont les résultats sont antinomiques. La première est la restauration et l’extension de Dar talib, qui est devenue mixte. C’est très méritoire parce que cette pension continue d’accueillir de jeunes filles qui n’auraient jamais pu poursuivre leurs études. Un très bon point !

La seconde est bel et bien du domaine de l’associatif. Mais elle a connu un échec cuisant car les responsables de cette opération ont fait preuve d’incompétence, de naïveté et d’inefficience. En effet, ils semblent ignorer que toutes les actions, caritatives ou autres, sont des projets qu’il faut étudier, préparer et bien ficeler avant de les présenter aux bailleurs de fonds, en l’occurrence, les donateurs et les bienfaiteurs. Certes, elle a réussi à acheminer trois tonnes de produits pharmaceutiques, une quantité très importante, mais elle a eu la malencontreuse idée de les déposer, en vrac, dans le local de l’association, sous la responsabilité d’une employée, avec la consigne d’ouvrir le dépôt aux médecins et infirmiers et de les laisser se servir. Au bout de quelques jours, les produits de valeur (antibiotiques, antidépresseurs, anti inflammatoires…) ont disparu et il ne restait plus que « les placebos ». Et pendant ce temps-là, la population, mise au courant par le téléphone arabe, attendait de bénéficier de ces dons ; en vain. Et ne fut-ce l’intervention du gouverneur, avisé par le pacha, le stock restant aurait dépéri. Il a été distribué, tenez-vous bien, à Khénifra !

En principe, il aurait fallu entamer l’opération par le tri et l’inventaire des médicaments. Ensuite, provoquer une réunion avec les chefs des centres de santé ciblés et les autorités qui témoigneront du bon déroulement de l’opération. Enfin, distribuer les dons et établir un procès-verbal en bonne et due forme. Une copie du PV sera ensuite adressée aux donateurs qui seront rassurés et n’hésiteront pas à répondre par la suite à tous les appels de l’association. Dans l’humanitaire, les bonnes intentions, dont l’enfer est du reste pavé, ne suffisent pas.

Probablement de guerre lasse, l’aigle royal à la crinière blanche a décidé d’aller airer dans d’autres hauteurs, sous d’autres cieux, sans abandonner cependant le corps alité de l’association, au chevet duquel, pardon, à la tête duquel, il a été fait appel au Dr. Mamoun, le nouveau président. Cette résurrection ne peut être donc que bénéfique pour cette zone sinistrée (c’est la province la plus pauvre du Maroc !), d’autant qu’on l’a confiée à un médecin rompu au travail associatif. En effet, c’était lui qui se chargeait de l’organisation des caravanes médicales de l’association Tafilalet. Il faut avouer qu’il en a fait bénéficier, à deux reprises, si je ne me trompe, Midelt qui relevait pourtant de la province de Khénifra. Cela veut dire qu’il ressent de l’amour pour cette ville qui est devenue une province d’une grande vastitude, englobant Rich et Imilchil. Je suis convaincu que cette relève réussira car l’ingrédient de base de toute action humanitaire est là : l’amour. Quand on aime, on est prêt à tous les sacrifices ! Il est vrai que la nouvelle équipe aura beaucoup de pain sur la planche, mais elle s’acquittera de cette tâche car les autres ingrédients, non moins nécessaires, sont présents : savoir-faire, honnêteté et intégrité. Je ne connais pas le docteur en personne, mais les échos de ses activités bénévoles me parvenaient à l’AMAEF où j’assurais la charge de SG.

Un conseil cependant. J’ignore s’il reste encore des rescapés de l’ancien staff, mais si tel est le cas, il faut veiller à éviter les erreurs commises auparavant et se focaliser sur l’initiation, la formation continue et la responsabilisation de toute l’équipe.

P.S : Dans ce domaine, la bonne charité ne commence jamais par soi-même !

ABDELAZIZ BEHRI
Avril 2016

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