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Majid Blal

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Démocrates de salon Par Majid Blal

SUR FOND TURC

 

S'extasier devant un coup d'état en Turquie ne peut être justifié par une allergie et une intolérance au gouvernement d'obédience islamiste. C'est indécent et c'est médiocre comme argument. Se définir comme démocrate et applaudir les changements de régimes par la violence, menés par des militaires et piétinant les constitutions est de l’ordre de l’apologie du totalitarisme.

On peut rappeler que ceux qui viennent au pouvoir par les urnes, ne doivent le quitter que par la décision des urnes. Ne peut être démocrate qui a une tendance rapide à souffrir du « Syndrome Gbagbo » : Parler de démocratie tout en se préparant à la renier.

Ils passent du temps à baratiner sur leurs penchants démocrates, "modernistes" et humanistes, puis à la moindre occasion, ils deviennent la ferveur fiévreuse des putschs, les partisans de la violence et même interne, les défenseurs des régimes musclés...

Il serait beaucoup plus dommageable que les démocrates ne soient que des acteurs qui paradent, des démocrates de parade. Il serait nocif que les démocrates ne soient que des soldats de plomb sur le champ de la frime.

On ne peut être démocrate comme on s’habille chez Prada. Être n’est pas paraitre. Ce n’est pas un comportement pour faire chic ni une stratégie pour se pourvoir des « Droping names » en vue de projeter une image de modernité. Être démocrate n’est pas une tendance de la mode en cours. Ni un mot de passe pour s’introduire dans des milieux considérés comme élitistes pour faire copains-copains.

Ne peut être démocrate qui ne peut affectionner, intégrer et faire siens les fondements et les lignes directrices de tout un système de valeurs.

On ne peut se convaincre d’être démocrate tout en cautionnant la censure, en ne jurant que par le consensus, en réfutant l’opinion différente, en justifiant le déni des droits aux minorités, aux moins nantis, aux minorités…en justifiant les tyrans, les despotes et l'alternance par les coups d'états. Une démocratie à la carte où on pige ce qui nous réconforte tout en tassant sous le tapis ce qui dérange nos sensibilités ainsi que nos représentations du bien à promouvoir et du mal à proscrire.

Onne peut se targuer d’être démocrate averti quand on est prêt à passer à la trappe l’humanité de l’autre parce que comme symbole, il nous questionne sur nos valeurs et surtout sur nos certitudes. Ce n’est pas parce qu’on s’affiche comme démocrate que cela nous donne les qualifications et la légitimité sociétale pour juger, rejeter, écarter, mettre à la marge ceux qui ont un discours dissonant de ce que nous prenons comme vérité absolue. Bien au contraire !

On ne peut considérer la démocratie comme la forme cravatée d’une théocratie où les interdits forment l’essentiel du spectre de la socialisation.

On ne peut ajouter les défendus religieux en nette augmentation, l’illicite, le prohibé aux interdits d’interprétations laconiques de ce que notre subjective interprétation perçoit de ce que devrait être le vivre ensemble dans une démocratie.

On ne peut se plaindre des systèmes qui érigent la censure, le subjectif, l’arbitraire, le manque de recours, le manque de libertés… tout en copiant au besoin et le plus souvent possible quelques bribes des pensées décriées.

Il y a trop d’interdits et en plus, chacun veut en rajouter. Quand on croit qu’ajouter ses propres « Forbiden » est une contribution au débat social. On dirait que parler de ce qui est permis est un grand péché devant les dieux et les hommes. Pourquoi ne parle-t-on pas aussi souvent de la liberté que des interdits ? Pourquoi le positif fait peur ?

Pour une meilleure compréhension de ce système de valeurs, il serait bien plus pertinent de commencer, d’abord, par privilégier le volet éducatif et la dimension pédagogique du débat pour favoriser l’apprentissage de la démocratie. On ne peut passer du temps à décortiquer et surtout à interpréter un concept qu’on ne connait que médiocrement. D’autant plus que ce n’est pas une culture acquise dans les pays du Sud ni une pratique déjà rodée dans nos milieux où les imaginaires sont encore sous les effets rétroactifs de la colonisation et des Cheuufs d’état autoproclamés par les violence.

Il serait plus important de discuter des fondements, de l’historique, de l’évolution de la démocratie. Des conditions de son épanouissement, des préalables individuels comme collectifs à respecter. Des droits et devoirs, des privilèges et obligations…

Faudrait bien expliquer la différence entre d’une part, la démocratie comme mécanique qui parle de vote, de pourcentages, de majorité, d’élection, de représentation, des centres du pouvoir : Législatif, Exécutif, Judiciaire…Actions qui définissent le volet procédural de l'exercice de la démocratie et d’autre part la démocratie comme un ensemble de valeurs qui mettent l’humain au centre des préoccupations de la citoyenneté participative : Valeurs de justice sociale, d’empathie, de respect de la diversité, de la différence des opinions, des recours judiciaires, des droits inaliénables, de solidarité, d'obligation de protéger ses minorités, de respect des institutions et de leur primauté sur les personnages politiques qui ne sont que passagers. de libertés individuelles, d'expression, de manifestation, de réunion, de culte...

Ne peut être démocrate qui a une tendance rapide à souffrir du « Syndrome Gbagbo » : Parler de démocratie tout en se préparant à la renier. Changer de vision une fois qu’on sent qu’on a un semblant de pouvoir entre les mains pour devenir absolutiste, despote...On interprète souvent le pouvoir discrétionnaire comme une juste rétribution méritée. Un don à la hauteur de son égo et de son narcissisme.

Ne les laissez jamais se substituer à vous sans votre consentement !

Majid Blal, le samedi 16 juillet 2016. Basé sur une première version datant du vendredi 3 février 2012

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