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M Aouragh

MIDELT BIEN AIMEE ville de mon enfance...


MIDELT à l’époque abritait une grande communauté européenne et juive la majorité travaillait dans les mines d’Aouli Mibladen jusqu’à 1975 date de fermeture, l’autre partie travaillait dans l’enseignement comme coopérants au collège et lycée de la ville et le reste des deux communauté tenait des commerces...restaurants hôtels cinéma et une grande librairie « Au printemps » avec deux immenses baies vitrées contenant des jouets des BD revues et journaux locaux et étrangers, digne d’une maison de presse d’aujourd’hui...petit à la sortie de l’école je m’oubliais devant les vitrines à admirer ces trésors rêvant les acquérir...
CINEMA REX* de MIDELT: grâce à ce cinéma dirigé par la famille BELYOUT et leur fils Takis d’origine grecque, on a pu voir à l’époque tous les films célèbres européens et américains...une anecdote le film érotique « Emmanuelle» est resté à l’affiche plusieurs semaines...
MIDELT à l’époque était un passage incontournable de circuit touristique, de nombreux bus de visiteurs étrangers se dirigeant vers Erfoud, Rissani, les dunes de Merzouga et Ouarzazate, faisaient escale à MIDELT pour visiter et se restaurer...


Un Monastère Notre Dame de l’Atlas de sœurs franciscaines s’est installé depuis les années 20 à MIDELT, abritant un atelier de broderie et de tissage employant de nombreuses villageoises, les sœurs vaquaient aussi quotidiennement à des œuvres charitables soignant, distribuant des médicaments aux pauvres et aux nomades... aujourd’hui Le Monastère Notre Dame de l’Atlas abrite des moines de l’Ordre cistercien parmi eux Père Amédée, décédé en 2008, et Père Jean Pierre Schumacher derniers rescapés du massacre de Tibhirine en Algérie...

MIDELT BIEN AIMEE.

Chaque retour d’exil
De mon foyer de mon île
A l’aube j’erre dans ma ville
Celle qu’un matin au levé
Tel un voleur j’ai quittée
La mort dans l’âme
De la voir dépérir
Et perdre son sourire
Fuyant le désespoir
Seul bagage l’espoir
D’un ailleurs
Bien meilleur
Lâchant bride aux souvenirs
De ma ville au tumultueux avenir…

Bien aimée
Jadis la plus illuminée
Perle de l’Ayachi enneigé
Tolérante pour tes communautés
Flamboyante de tes activités
Tes immenses prairies
Tes jardins fleuris
Ton paysannat modèle
Tes infrastructures les plus belles
Ton cinéma Rex l’éternel
Ta grande librairie « Au printemps »
Tes Ksour millénaires
Aux rebelles légendaires
Les richesses de tes mines t’ont gâtée
La fermeture de Mibladen-Aouli*
Puis la terrible chute est arrivée…

Bien aimée
Aujourd’hui de tes cendres tu renais
Après un coma longtemps enduré
Tu t’es transformée
En cité désordonnée
A ta porte la pauvreté
A ta porte la prospérité
Débordante de projets
D’énormes chantiers
Convoitent les appétits…

Bien aimée
Te souhaitant longue vie
Ton ventre s’est arrondi
Tu as choyé et accueilli
De nombreux étrangers
De nombreux invités
Tu as enfanté
De sincères indignés
De coriaces butés
De tyrans arrivistes
Qui t’ont poignardée
Dès que tu avais le dos tourné
De véreux opportunistes
Ces rusés charognards
Au virulent dard
Leurs couteaux aiguisés
Désirant t’assassiner
Te dépecer t’accaparer…

Bien aimée
Naguère les élections annoncées
Un printemps à ne pas rater
Restons vigilant et aux aguets
Les rapaces sont de retour
Dans leurs sacs maints tours
Avec leurs beaux discours
Leur amabilité
Leur obséquiosité
De leurs voitures dernier cri
Se pavanent te narguent les bandits
Pour te conquérir te dépouillée
Ils sont lourdement armés
Pour violer ton humble générosité
Ces voraces cannibales
Affluent de leurs cavales
Derrière leurs Djellabas immaculées
De faux dévots des mosquées
Ces vampires de biens assoiffés
S’acharnent férocement pour y arriver…

Bien aimée
Chance et longue vie
Saluons nos intègres amis
Habitants rebelles résistants
Humbles généreux accueillants
Nos dignes combattants
Nos obligeants valeureux
Nos justes courageux
Nos fidèles enragés
Inlassablement engagés…

Bien aimée
Tes associations
Toujours en action
Dans leurs quartiers délaissés
Les manches retroussées
Œuvrent nuit et jour
De leurs durs labeurs
Soutiennent et aident à jamais
Les laissés pour compte
Condamnés à une mort lente
Les damnées les éraflés
De leur combat acharné
Contre la misère assassine.
Mohamed Aouragh
Mibladen-Aouli* : mines dans le Haut-Atlas qui employaient à l’époque 3 000 ouvriers avant l’arrêt définitif en 1975
« Cris du Maroc » Gap Editions
http://mohamedaouragh.com/
https://www.midelt.fr
https://fr.wikipedia.org/wiki/Midelt
https://www.moines-tibhirine.org/notre-dame-de-l-atlas.html

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