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Par Hicham Houdaifa · 5 min de lecture · Écrit le 15/04/2022
Les sans-papiers de l’Atlas



Véritable phénomène dans les montagnes du Haut et du Moyen Atlas, le mariage coutumier, ou zwaj lfatha, concerne des milliers, voire des dizaines de milliers de femmes. Dans ces villages perchés à plus de 2 500 mètres d’altitude, des mariages sont encore prononcés par la seule Fatiha – le verset inaugural du Coran –, en présence de douze témoins. Aucun écrit n’atteste de cette union. Dans ces douars reculés, le mariage coutumier, contrat moral entre le père de la fiançée et le prétendant, a des conséquences catastrophiques sur les familles, essentiellement sur les femmes et les enfants. Ces unions sont dues à la pauvreté ou encore au fameux qanoune tmazight qui veut que l’on trouve un parti aux filles. même si elles ne sont encore que des enfants.Dans les villages enclavés d’Anfgou, Tisrawline, Anemzi, Aït Marzouy, Tamaloute, Tirghiste, Tighidwine, Agheddou, Aït Mhammed, Aït Abbas ou encore Amezri, la Moudawana, qui donne un cadre au mariage, est une non-réalité. Au cours des nombreux voyages que j’ai entrepris dans ces villages où la présence de l’État se limite au cheikh du douar, et où une écrasante majorité des enfants ne va pas à l’école, le temps semble s’être arrêté. Ces régions souffrent de leur enclavement, de l’absence des infrastructures de base, de la pauvreté et de l’analphabétisme. La condition des femmes y est catastrophique : elles s’occupent de tout, des tâches ménagères, des enfants. Ce sont elles qui vont dans les champs, qui coupent le bois. Ne dit-on pas dans ces régions, « dos de femme, dos de mulet… » …

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